Après l’éclosion sur l’eau des voiles de Figaro et Mini 6.50 qui enchaînent, depuis plusieurs semaines déjà, les allers-retours aux pontons de La Base, c’est au tour des Class40 de pointer le bout de l’étrave en dehors des chantiers. Place aux entraînements à l’approche du début de cette saison 2025* sous le signe de la navigation en double. Pour eux aussi, aux beaux jours, ça repart… comme en Class40 !
Au menu cette année : l’incontournable Transat Café L’Or, prisée pour le gros des troupes qui ont construit leur programme autour de cette transatlantique d’automne. Mais c’est sans compter avec quelques dissidents, qui privilégient un autre plat de résistance en faisant le choix d’embarquer sur une circumnavigation planétaire, la Globe 40, dont Lorient accueillera le prologue à la fin de l’été. Avec ces deux échéances majeures - une transat disputée comme un sprint en mode régate au contact et un tour du monde par étapes - la saison ne manque pas d’enjeux pour l’ensemble des skippers engagés à bord des monocoques de 12,28 mètres, dans une série au haut niveau garanti.
Haut niveau et casting 5 étoiles
Et pour cause, tous les meilleurs sont là et s’entraînent ensemble dans une logique de collaboration et de partage, avant de ne se faire aucun cadeau en course. « Sur les arrivées, cela se joue le plus souvent à rien, parfois sur des manœuvres, avec des poignées de minutes pour nous départager, même sur les transats ! C’est toujours très serré et le niveau global de la flotte augmente au fur et à mesure », justifie Pierre-Louis Attwell.
À ses côtés, la fine fleur de cette classe vivante est d’ores et déjà réunie sous l’égide de Lorient Grand Large, et du coach Tanguy Leglatin. « Le fait de travailler en commun, et d’analyser les performances des différents bateaux, c’est forcément riche d’enseignements. Dans la découverte du scow ces deux dernières années, ça m’a permis de progresser plus vite », ajoute le skipper de Vogue avec un Crohn, dont la régularité aux places d’honneur lui a permis de décrocher le titre de Champion Class40 2024.
« Un programme bien construit, une super dynamique de cohésion et un volume d’entraînement cohérent, soit environ une bonne vingtaine de jours sur l’eau », sont les arguments qu’il avance pour étayer la pertinence de séances d’apprentissage à la sauce Class40.
Parmi les autres figures du groupe, les Achille Nebout et Gildas Mahé d’Amarris, vainqueurs de la dernières Québec Saint-Malo, ou encore Corentin Douguet qui débarque, accompagné d’Axel Tréhin, avec un bateau flambant neuf en recherche de sponsor, ne passent pas inaperçus. Ian Lipinski et Antoine Carpentier de Crédit Mutuel, ainsi que Jonas Gerckens (Belgium Ocean Racing), qui mettent le cap sur la Globe 40, complètent ce casting cinq étoiles. Que du beau monde en somme pour se tirer la bourre, et vers le haut, en toutes circonstances, quelles que soient les conditions.
Un peu solo dans du double ; du pratique pour prototypes
« Ici, on bénéficie de super infrastructures, et d’une dynamique très favorable à notre activité qui s’adapte à notre expérience et nos objectifs », souligne Fabien Delahaye. Après une longue mission de la direction de course du Vendée Globe pendant que son bateau connaissait un gros chantier d’hiver d’optimisation, il ne cache pas son impatience de retrouver les plans d’eau.
C’est aux côtés de Pierre Le Boucher, valeur sûre du circuit, que le skipper de Legallais se remet dans la bain avec de légitimes ambitions sur les courses au programme, à commencer par la Normandy Channel Race, dont il est le vainqueur en titre. « Et ensuite, cela enchaîne avec les Sables-Horta, avec la spécificité cette année de donner lieu à une étape retour en solitaire. Ce qui est très positif, dans la mesure où on garde à l’esprit la prochaine Route du Rhum, un cap majeur et structurant pour l’ensemble de la classe ».
Parmi les blocs d’entraînements, Tanguy Leglatin et l’équipe de Lorient Grand Large ont légitimement prévu des séances dédiées à la navigation en solitaire. Au-delà des formation pratiques - comme celle qui s’est tenue début de mars autour d’un banc de moteur, pour simuler des pannes et apprendre à les réparer -, rien n'est laissé au hasard dans le programme complet, mis à disposition des skippers et de leur.es équipier.ères engagé.es dans cette série prototype. « On pioche à la carte, en fonction de nos besoins », abonde Pierre-Louis Attwell.
« Après les navigation de remise en route, autour des réglages du mât ou la calibration de l’électronique, les thématiques vont se diversifier et s’affiner au fur et à mesure », précise Rémi Orain, coordinateur du pôle d’entraînement, qui se réjouit aussi d’accueillir des nouvelles têtes. C’est le cas de Djemila Tassin, qui après cinq ans en Mini 6.50, rejoint la Class40. « J’ai mon bateau depuis quelques semaines. C’est un peu comme quand tu passes du primaire au secondaire, que tu sors de ta zone de confort en arrivant dans nouvelle classe. Je découvre le groupe. Et même si tous ont vraiment de l’expérience et un super niveau, il y a beaucoup de bienveillance », confie celle qui entame un long parcours d’apprentissage avec en ligne de mire une Route du Rhum 2026, ou encore un tour du monde en solitaire sans escale en 2027… Des objectifs ambitieux pour lesquels elle se prépare déjà avec beaucoup d’assiduité. Et très bien entourée…